mardi, 18 août 2009

18e festival de Tarentaise Baroque (73)


dimanche 9 août 2009

 

18e festival de Tarentaise Baroque (73)


Du 28 juillet au 13 août 2009

14 concerts en églises, chapelles et sites. Itinérant dans le patrimoine barocco-italien de la Savoie, la Tarentaise propose ses 14 concerts centrés cette année sur « les couleurs de voix », mais quoi ne néglige en rien l’instrumental, avec Martin Gester, Alice Piérot, Ophélie Gaillard, les ensembles Aramis, Suonare, Daedalus…


Dictionnaire amoureux de la Tarentaise
« Je dis toujou la même chose parce que c’est toujou la même chose, je t’aime », déclare Pierrot à Mathurine dans «  Don Juan ». « Je t’aime, Tarentaise Baroque , et je dis toujou la même chose, parce que… », transpose  le visiteur… Car les montagnes sont immuables, les glaciers très haut (ils reculent, c’est vrai, mais pas plus qu’ailleurs), et les compositions minérales des paysages, et les petites gentianes bleues, et les alpages, et les hautes vallées, et le décor qu’au XVIIIe  les Italiens-Savoyards  sont venu bâtir, coupoles, voûtes, bulbes, statures, retables, vert-prairie, bleu-de-ciel-d’été, or-de-couchant… A la 18e édition du festival, l’institution, elle, est toujours jeune, pleine d’allant et d’invention, à l’image de sa fondatrice et directrice Josette-Eliane Tatin. On répète aussi cela parce que dans ces festivals d’altitude, itinérants mais  de modeste demande financière aux spectateurs, une « correct attitude » et surtout le plaisir des yeux et des jambes peuvent « accompagner » chaque concert. A la découverte d’aujourd’hui (Courchevel-autrement) et surtout d’hier-dans-les-églises (Peisey-Nancroix, Saint-Martin de Belleville, Saint Grat de Vulmix, Aime, la Bâthie…), on peut en circuit pédestre visiter avant concert, histoire de confronter formes, courbes, couleurs aux paysages et à la musique. Un Dictionnaire Amoureux de la Tarentaise, en somme.


Biber et la scordatura
Le Festival habitue aussi à des dominantes ou thématiques. En 2009, on se consacre à la voix dans tous ses états. Sans oublier l’enchantement des instruments baroques, bien sûr, ce dont témoignent 4 des 9 concerts. Au sommet (Méribel), ce sera le poétique et imaginatif ensemble des Sonates du Rosaire que Heinrich Ignaz Biber composa à la fin du XVIIe pour un archevêque salzbourgeois, qui ne se doutait sans doute pas qu’après longue éclipse cette partition deviendrait…culte à la fin du XXe. Biber, le musicien du « change » comme disaient les Français de son époque, du changement à vue et de la métamorphose et du théâtre sacré, de l’imagination-folle-du-logis comme la nommaient les raisonneurs. L’homme expérimental aussi, puisque la scordatura ( accord différent à chacun des Mystères du Rosaire) est comme décor nouveau à toutes les étapes. La violoniste Alice Piérot, à la tête de son groupe au beau nom, les Veilleurs de Nuit, introduira en narratrice chaque épisode de  cette histoire sacrée. Avec sa complice, la gambiste Marianne Muller, ambulera aussi en duo de cordes à travers l’Allemagne et l’Italie. Avant la nuit, ce seront « Les Ombres » - autre superbe titre - , un trio formé à Bâle (la Mecque suisse du baroquisme) qui éclaireront le versant français, Rameau et Leclair. Et comme T(arentaise) B(aroque) aime  bien faire aimer les « nouveaux talents », ce sont les Aramis – 4 mousquetaires issus du CNSMD de Lyon – qui varieront en virtuoses dans le XVIIe italien et allemand.


De l’Amour en Autriche et à Naples
Mais place à la voix. Elle est, en ouverture (Aime) multiple et puise  à l’intarissable source de l’opéra mozartien. Airs, duos, ensembles dans l’Enlèvement, Les Noces, Don Giovanni, Cosi et La Flûte, à travers leurs « imbroglios » sont un Traité fascinant « De l’amour », bonheur, plaisir et parfois douleur. Cela est dirigé par Martin Gester, le Président-fondateur du Parlement de Musique, et aussi pédagogue reconnu, conducteur en 2008 pour  l’expérience ambronnaysienne de l’Académie Européenne, cette heureuse institution qui permet aux étudiants « en supérieur » d’instrument et de vocal le banc d’essai en tournées hexagonales et au-delà et d’être pleinement, à commencer par l’âge adéquat,   les amoureux mozartiens. En clôture du festival, un mi-instrumental-mi-vocal : les cantates romaines de Haendel-l’Italien, par les Pulcinella-en-habit-d’Arlequin que conduit du violoncelle Ophélie Gaillard et où chante le contre-ténor Christophe Dumaux. Suonare e Cantare propose un voyage sous les étoiles (théâtre de verdure d’Aime), au long de la Route des Epices  qui pour cause d’itinérance  des compositeurs baroques conduit aussi en Amérique Latine. Le ténor Francisco Orozco, guitariste et luthiste, est dans le ton baladeur, puisqu’il fut comédien chez Vitez, acteur chez Rohmer et compositeur chez Savary. Opéra maritime avec le truculent Capitaine Le Golif, alias Borgnefesse, avec  5  chanteurs, instrumentistes et mise en scène, un spectacle qui a déjà bourlingué, sous la direction de Franck-Emmanuel Comte  menant son Concert de l’Hostel Dieu zu combat contre l’ennui. En contraste, délicieuse et amoureuse soirée de Daedalus (flûte et direction de Roberto Festa) qui passe napolitainement de villanelles en canzone, d’amours  populaires en amour courtois. Pour finir avec la voix des profondeurs, celle du chant orthodoxe slave, par le Chœur Bulgare de Rila (Koïtcho Atanasov). Allez, délices et croix, encore un Tarentaise heureux !


18e édition de Tarentaise Baroque (73). Du 28 juillet au 13 août 2009.
Mardi 28, Aime ; mercredi 29, Courchevel ; jeudi 30, vendredi 31, Aime ; 2 août, La Léchère ; 3 août, Conflans ; 4, Val d’Isère ; 5, Moûtiers ; 6, Séez ; 7 , Villard-sur-Doron ; 10, Villargerel ; 11, Méribel ; 12, Hauteville-Gondon ; 13, Conflans.


lundi, 27 février 2006

Le Point - 27 fév 2006

Saint-Martin l'authentique

Un village avec ses 22 hameaux, dans la vallée des Belleville, qui, malgré ses deux stations modernes, incarne l'image de la Savoie.

Gilles Pudlowski

C'était, sinon une vallée perdue, du moins la parente pauvre des Trois-Vallées. C'est devenu le repaire de l'authentique, comme un conservatoire de la vraie Savoie, avec ses vingt-deux hameaux rustiques, ses chapelles ba-roques, sa placette de village, avec sa mairie rose et son clocher gris, illuminée le soir, ses fermes d'autrefois. Bien sûr, Saint-Martin-de-Belleville a enfanté deux gentils monstres : Les Ménuires, qui fête ses quarante ans, où les Chirac ont leur appartement d'hiver, à 1 850 mètres d'altitude, et Val-Thorens, la futuriste, créée en 1972, à 2 300 mètres. Reste qu'elle-même, petite reine tacite de la vallée des Belleville, n'a pas changé, offrant les émois du grand ski et les forfaits des Trois-Vallées, sans renier sa situation traditionnelle à 1 450 mètres.

Elle s'est développée sans vendre son âme au diable. Même si sa nièce des Ménuires a grandi trop vite, avec ses immeubles barres (celui du VVF a été détruit pour être remplacé par les chalets des Airelles), Saint-Martin a su rester proche des alpages. Ils sont d'ailleurs nombreux, les skieurs de Courch'et de Val-Tho', à se retrouver le midi dans ses fermes-auberges, à y retrouver le goût de la Savoie d'avant, comme au Dahu, chez Annie et Pascal Bogaert, qui régalent leur monde à coups d'escargots en pâte et salmis de caille en cocotte, dans une ancienne étable joliment reconvertie du hameau de Villarbon.

Les militants de la vraie montagne ? Ils fabriquent la tomme de chèvre avec le lait de leurs bouquetins, comme Richard et Fernande Martin à Villarenger. Ou élèvent leurs vaches, tels Bénédicte et Jérôme Borrel à Planvillard, tout en proposant de copieux goûters, avec bougnettes, tarte au beaufort ou au flan, pain paysan à la farine de seigle et de maïs, biscuit de Savoie, vin chaud à la cannelle.

Outre le grand ski tout schuss, ou celui de fond, on peut s'adonner à l'exotisme des traîneaux à chiens, en compagnie d'Emmanuel Colire, qui veille sur son bel attelage de huskies, comme au Québec. Ou à la randonnée à raquettes, qui se pratique des Ménuires et mène à travers les hameaux de la Loy ou de Béranger, en compagnie de Michel Perret. Ce guide prend le temps de conférences spontanées sur les lotissements, les modes de l'époque, les gourmandises de toujours, qui permettent aux heureux flâneurs de reprendre leur souffle.

Le nouveau sport de Saint-Martin et des habitants de la vallée des Belleville ? L'art de vivre. On construit partout, mais savoyard, comme aux Chalets Cocoon de Saint-Marcel et aux neufs Chalets du Gypse, juste au-dessus de Saint-Martin. Au coeur du bourg, l'hôtel du même nom joue, sous la houlette des Olive, le rôle de halte au luxe douillet. Quant aux Meilleur à Saint-Marcel, René et son fils Maxime, ils s'amusent, dans leur Bouitte, à réinventer la gourmandise des Alpes à leur manière. Bref, voilà une station d'aujourd'hui qui, sans se forcer, a su garder son âme de village de toujours

Carnet de route

Y aller

TGV en 4 h 20 de Paris-gare de Lyon vers Moutiers-Salins. Rens. : 08.36.35.35.35.

Se restaurer

La Bouitte, Saint-Marcel. 04.79.08.96.77. Menus : 47-150 euro. René et Maxime Meilleur, père et fils, sont les vedettes gourmandes de la vallée. Cuisine savoyarde créative et grands vins servis dans des salles aux boiseries pleines de charme.

Le Grenier. 04.79.00.88.00. Menus : 38-50 euro. Belle terrasse sur les pistes au déjeuner et cadre soigné le soir pour ce « restaurant de pays » de l'hôtel Saint-Martin, qui propose un adorable menu « tout cochon ».

Le Montagnard. 04.79.01.08.40. Carte : 30 euro. Eric Suchet (photo) a fait d'une ancienne écurie le rendez-vous relax et cosy de son village. Spécialités fromagères, truite avec risotto et galettes bellevilloises aux pommes de terre râpées.

L'Etoile des neiges. 04.79.08.92.80. Menus : 24 euro (déj.), 29, 49 euro. Accueil sympa, déco kitsch, cuisine soignée (salade avec sa tartine chaude de beaufort, côtes d'agneau aux crozets, parfait glacé à la chartreuse).

Le Lachenal. 04.79.08.96.29. Menus : 18, 23-34 euro. Halte historique, ses trois chambres simples, son cadre de taverne adorable, sa cuisine typique (soupe de ravioles, beauforton, feuilleté aux myrtilles). Carte des vins d'une surprenante richesse.

La Ferme du Dahu, Villarbon. 04.79.00.76.62. Menu : 28 euro. Les Bogaert (photo) reçoivent avec coeur dans une jolie salle avec voûtes. Chaque jour, un menu différent propose « rôt », entrée exquise, fromages, dessert sympa.

La Ferme de Perdrix, Planvillard. 04.79.00.62.02. Menu : 18 euro. Visite de la ferme, casse-croûte paysan et généreux repas à la table familiale, sous la houlette de Bénédicte et Jérôme Borrel.

Rapporter

Produits régionaux au Coin des producteurs. Objets de déco chez Avec des fleurs. Pâté bellevillois chez les frères Eybord, Tomme de chèvre chez les Martin à Villarenger.

Lire

Guide bleu « Rhône-Alpes » ; Guide vert Michelin « Alpes du Nord » ; Guide du Routard « Alpes ». « Ma terre, ma vie : la vallée des Belleville » (Ed. du Cembro).

Utile

Office du tourisme, 73440 Saint-Martin-de-Belleville. 04.79.08.93.09. Fax : 04.79.08.91.71. stmartin@st-martin-belleville.com

Office du tourisme des Ménuires, BP22, 73440 Les Ménuires. 04.79.00.73.00. Fax : 04.79.00.75.06.

©le point 23/02/06 - N°1745 - Page 112 - 480 mots

mardi, 21 février 2006

Festival de Musique et d’Art Baroque de Tarentaise : Mille ans de musique à Aime

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Dans le séduisant paysage des Alpes françaises a lieu chaque année ce festival baroque aux indéniables attraits musicaux, et qui est aussi un exemple de la mise en valeur du riche patrimoine architectural de la région et du parti pris de développer une offre culturelle qui invite également à découvrir la nature.

Les concerts ont lieu dans les églises des communes d’Aime, Moûtiers, Montgirod, Seez, Saint-Martin-de-Belleville, Val-d´Isère, La Giettaz, Peisey Nancroix, Saint-Bon, Méribel, Tignes-les-Boisses et Albertville : des acoustiques de rêve, croyez-le. .

Cette année, le festival a pour intitulé "Mille ans de musique à Aime", et c’est à la Compagnie Talon Pointe, avec le spectacle Bal Renaissance, que l’on a confié l’ouverture.

Le samedi 15, un hommage sera rendu à Franck Zappa par Le Concert Impromptu, alors que le London Haydn Quartet, avec le clarinettiste Eric Hoeprich, célébrera Mozart et Haydn. Le mardi 25 sera l’un des événements du Festival, avec la venue d’Il Seminario Musicale et de Gérard Lesne dans des œuvres de Dowland, Purcell et Charpentier. Le duo de violes de gambe formé par Susie Napper et Margaret Little se présente le 27 avec un programme Folies!, consacré à Sainte Colombe, Marais et Couperin.

Le lundi 31, le claveciniste Luc Beauséjour s’attaquera aux Variations Goldberg. Le mardi 1er et le mercredi 2 août, sur deux scènes différentes, le Trío Rincontro (Pablo Valetti, Patricia Gagnon et Petr Skalka) se penche à son tour sur Mozart et Haydn, mais y ajoutant Eybler. Flûte et voix en dialogue : tel est le titre que présente, les 3 et 4 août, le Beduschi’s Trio, dans un programme largement anglais (Dowland) où régnera l’art de la diminution.

Les 7 et 8, autre rendez-vous important avec l’ensemble Jachet de Mantoue dans un programme Musique sacrée et profane de la Renaissance : les Jachet comptent parmi les formations les plus intéressantes du moment dans ce répertoire. Les 9 et 10, l’ensemble Música Temprana exalte La femme dans l’Amérique du Sud baroque.