mardi, 18 août 2009
18e festival de Tarentaise Baroque (73)
18e festival de Tarentaise Baroque (73)14 concerts en églises, chapelles et sites. Itinérant dans le patrimoine barocco-italien de la Savoie, la Tarentaise propose ses 14 concerts centrés cette année sur « les couleurs de voix », mais quoi ne néglige en rien l’instrumental, avec Martin Gester, Alice Piérot, Ophélie Gaillard, les ensembles Aramis, Suonare, Daedalus…
Dictionnaire amoureux de la Tarentaise
« Je dis toujou la même chose parce que c’est toujou la même chose, je t’aime », déclare Pierrot à Mathurine dans « Don Juan ». « Je t’aime, Tarentaise Baroque , et je dis toujou la même chose, parce que… », transpose le visiteur… Car les montagnes sont immuables, les glaciers très haut (ils reculent, c’est vrai, mais pas plus qu’ailleurs), et les compositions minérales des paysages, et les petites gentianes bleues, et les alpages, et les hautes vallées, et le décor qu’au XVIIIe les Italiens-Savoyards sont venu bâtir, coupoles, voûtes, bulbes, statures, retables, vert-prairie, bleu-de-ciel-d’été, or-de-couchant… A la 18e édition du festival, l’institution, elle, est toujours jeune, pleine d’allant et d’invention, à l’image de sa fondatrice et directrice Josette-Eliane Tatin. On répète aussi cela parce que dans ces festivals d’altitude, itinérants mais de modeste demande financière aux spectateurs, une « correct attitude » et surtout le plaisir des yeux et des jambes peuvent « accompagner » chaque concert. A la découverte d’aujourd’hui (Courchevel-autrement) et surtout d’hier-dans-les-églises (Peisey-Nancroix, Saint-Martin de Belleville, Saint Grat de Vulmix, Aime, la Bâthie…), on peut en circuit pédestre visiter avant concert, histoire de confronter formes, courbes, couleurs aux paysages et à la musique. Un Dictionnaire Amoureux de la Tarentaise, en somme.
Biber et la scordatura
Le Festival habitue aussi à des dominantes ou thématiques. En 2009, on se consacre à la voix dans tous ses états. Sans oublier l’enchantement des instruments baroques, bien sûr, ce dont témoignent 4 des 9 concerts. Au sommet (Méribel), ce sera le poétique et imaginatif ensemble des Sonates du Rosaire que Heinrich Ignaz Biber composa à la fin du XVIIe pour un archevêque salzbourgeois, qui ne se doutait sans doute pas qu’après longue éclipse cette partition deviendrait…culte à la fin du XXe. Biber, le musicien du « change » comme disaient les Français de son époque, du changement à vue et de la métamorphose et du théâtre sacré, de l’imagination-folle-du-logis comme la nommaient les raisonneurs. L’homme expérimental aussi, puisque la scordatura ( accord différent à chacun des Mystères du Rosaire) est comme décor nouveau à toutes les étapes. La violoniste Alice Piérot, à la tête de son groupe au beau nom, les Veilleurs de Nuit, introduira en narratrice chaque épisode de cette histoire sacrée. Avec sa complice, la gambiste Marianne Muller, ambulera aussi en duo de cordes à travers l’Allemagne et l’Italie. Avant la nuit, ce seront « Les Ombres » - autre superbe titre - , un trio formé à Bâle (la Mecque suisse du baroquisme) qui éclaireront le versant français, Rameau et Leclair. Et comme T(arentaise) B(aroque) aime bien faire aimer les « nouveaux talents », ce sont les Aramis – 4 mousquetaires issus du CNSMD de Lyon – qui varieront en virtuoses dans le XVIIe italien et allemand.
De l’Amour en Autriche et à Naples
Mais place à la voix. Elle est, en ouverture (Aime) multiple et puise à l’intarissable source de l’opéra mozartien. Airs, duos, ensembles dans l’Enlèvement, Les Noces, Don Giovanni, Cosi et La Flûte, à travers leurs « imbroglios » sont un Traité fascinant « De l’amour », bonheur, plaisir et parfois douleur. Cela est dirigé par Martin Gester, le Président-fondateur du Parlement de Musique, et aussi pédagogue reconnu, conducteur en 2008 pour l’expérience ambronnaysienne de l’Académie Européenne, cette heureuse institution qui permet aux étudiants « en supérieur » d’instrument et de vocal le banc d’essai en tournées hexagonales et au-delà et d’être pleinement, à commencer par l’âge adéquat, les amoureux mozartiens. En clôture du festival, un mi-instrumental-mi-vocal : les cantates romaines de Haendel-l’Italien, par les Pulcinella-en-habit-d’Arlequin que conduit du violoncelle Ophélie Gaillard et où chante le contre-ténor Christophe Dumaux. Suonare e Cantare propose un voyage sous les étoiles (théâtre de verdure d’Aime), au long de la Route des Epices qui pour cause d’itinérance des compositeurs baroques conduit aussi en Amérique Latine. Le ténor Francisco Orozco, guitariste et luthiste, est dans le ton baladeur, puisqu’il fut comédien chez Vitez, acteur chez Rohmer et compositeur chez Savary. Opéra maritime avec le truculent Capitaine Le Golif, alias Borgnefesse, avec 5 chanteurs, instrumentistes et mise en scène, un spectacle qui a déjà bourlingué, sous la direction de Franck-Emmanuel Comte menant son Concert de l’Hostel Dieu zu combat contre l’ennui. En contraste, délicieuse et amoureuse soirée de Daedalus (flûte et direction de Roberto Festa) qui passe napolitainement de villanelles en canzone, d’amours populaires en amour courtois. Pour finir avec la voix des profondeurs, celle du chant orthodoxe slave, par le Chœur Bulgare de Rila (Koïtcho Atanasov). Allez, délices et croix, encore un Tarentaise heureux !
18e édition de Tarentaise Baroque (73). Du 28 juillet au 13 août 2009. Mardi 28, Aime ; mercredi 29, Courchevel ; jeudi 30, vendredi 31, Aime ; 2 août, La Léchère ; 3 août, Conflans ; 4, Val d’Isère ; 5, Moûtiers ; 6, Séez ; 7 , Villard-sur-Doron ; 10, Villargerel ; 11, Méribel ; 12, Hauteville-Gondon ; 13, Conflans.
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lundi, 27 février 2006
Le Point - 27 fév 2006
Saint-Martin l'authentique
Un village avec ses 22 hameaux, dans la vallée des Belleville, qui, malgré ses deux stations modernes, incarne l'image de la Savoie.
Gilles Pudlowski
C'était, sinon une vallée perdue, du moins la parente pauvre des Trois-Vallées. C'est devenu le repaire de l'authentique, comme un conservatoire de la vraie Savoie, avec ses vingt-deux hameaux rustiques, ses chapelles ba-roques, sa placette de village, avec sa mairie rose et son clocher gris, illuminée le soir, ses fermes d'autrefois. Bien sûr, Saint-Martin-de-Belleville a enfanté deux gentils monstres : Les Ménuires, qui fête ses quarante ans, où les Chirac ont leur appartement d'hiver, à 1 850 mètres d'altitude, et Val-Thorens, la futuriste, créée en 1972, à 2 300 mètres. Reste qu'elle-même, petite reine tacite de la vallée des Belleville, n'a pas changé, offrant les émois du grand ski et les forfaits des Trois-Vallées, sans renier sa situation traditionnelle à 1 450 mètres.
Elle s'est développée sans vendre son âme au diable. Même si sa nièce des Ménuires a grandi trop vite, avec ses immeubles barres (celui du VVF a été détruit pour être remplacé par les chalets des Airelles), Saint-Martin a su rester proche des alpages. Ils sont d'ailleurs nombreux, les skieurs de Courch'et de Val-Tho', à se retrouver le midi dans ses fermes-auberges, à y retrouver le goût de la Savoie d'avant, comme au Dahu, chez Annie et Pascal Bogaert, qui régalent leur monde à coups d'escargots en pâte et salmis de caille en cocotte, dans une ancienne étable joliment reconvertie du hameau de Villarbon.
Les militants de la vraie montagne ? Ils fabriquent la tomme de chèvre avec le lait de leurs bouquetins, comme Richard et Fernande Martin à Villarenger. Ou élèvent leurs vaches, tels Bénédicte et Jérôme Borrel à Planvillard, tout en proposant de copieux goûters, avec bougnettes, tarte au beaufort ou au flan, pain paysan à la farine de seigle et de maïs, biscuit de Savoie, vin chaud à la cannelle.
Outre le grand ski tout schuss, ou celui de fond, on peut s'adonner à l'exotisme des traîneaux à chiens, en compagnie d'Emmanuel Colire, qui veille sur son bel attelage de huskies, comme au Québec. Ou à la randonnée à raquettes, qui se pratique des Ménuires et mène à travers les hameaux de la Loy ou de Béranger, en compagnie de Michel Perret. Ce guide prend le temps de conférences spontanées sur les lotissements, les modes de l'époque, les gourmandises de toujours, qui permettent aux heureux flâneurs de reprendre leur souffle.
Le nouveau sport de Saint-Martin et des habitants de la vallée des Belleville ? L'art de vivre. On construit partout, mais savoyard, comme aux Chalets Cocoon de Saint-Marcel et aux neufs Chalets du Gypse, juste au-dessus de Saint-Martin. Au coeur du bourg, l'hôtel du même nom joue, sous la houlette des Olive, le rôle de halte au luxe douillet. Quant aux Meilleur à Saint-Marcel, René et son fils Maxime, ils s'amusent, dans leur Bouitte, à réinventer la gourmandise des Alpes à leur manière. Bref, voilà une station d'aujourd'hui qui, sans se forcer, a su garder son âme de village de toujours
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09:25 Publié dans Vu dans la presse | Lien permanent | Envoyer cette note
mardi, 21 février 2006
Festival de Musique et d’Art Baroque de Tarentaise : Mille ans de musique à Aime
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| Les concerts ont lieu dans les églises des communes d’Aime, Moûtiers, Montgirod, Seez, Saint-Martin-de-Belleville, Val-d´Isère, La Giettaz, Peisey Nancroix, Saint-Bon, Méribel, Tignes-les-Boisses et Albertville : des acoustiques de rêve, croyez-le. . |
17:20 Publié dans Vu dans la presse | Lien permanent | Envoyer cette note

